Les nouvelles règles de l’hospitalité

Me voici de retour sur ce blog après un long silence. Certains m’envieront peut-être si je dis que je viens de passer une semaine dans une chambrette face à la mer à contempler le vol majestueux des rapaces. (Oui, à Bombay le bord de mer semble attirer plus de rapaces que de mouettes!)

La réalité est toutefois un peu différente, puisqu’il s’agissait de débarasser Nestor, l’ange bouclé de ma vie champion de projection de céréales, d’un vilain microbe shimlesque, voir yackesque (cf nos récentes aventures himalayennes). Nous n’en étions pas, loin de là, à notre première expérience hospitalière à Bombay. Benoît déjà (l’Homme de ma vie, pour les nouveaux venus) avait testé les services ophtalmologiques d’urgence après avoir brisé en deux, et s’être enfoncé, le manche de sa brosse à dent dans l’oeil, un soir de 14 juillet. Il faut dire que feu son papa était dentiste, et lui avait toujours recommandé de se brosser les dents avec vigueur! Quant à moi, par un merveilleux jour du deuxième mois de la septième année du troisième millénaire après Jésus-Christ, j’avais donné naissance à l’Ange Bouclé. Le séjour fut cette fois moins pittoresque, même si je rentrai bien sûr à nouveau chez moi avec l’Enfant. Je n’eus pas droit à l’ayah en sari blanc masseuse de seins, qui cherche à émuler au travers des jeunes accouchées les Grandes Eaux du chateau de Versailles (« Shower, shower », répétait elle de son sourire édenté tandis que le lait jaillissait de mon téton droit à 2m20 de hauteur, détrempant sari, draps et pyjama et rendant le sol dangereusement glissant). Non, notre séjour s’écoula lentement dans le service C de l’aile sud du Breach Candy hospital, à peine interrompu par les opérations promotionnelles.

Car oui, et je vais m’empresser d’écrire à Nicolas Sarkozy, ce séjour m’a ouvert les yeux sur la possibilité de réduire le déficit de la sécu. En Inde, certaines entreprises envoient à l’hôpital un représentant visiter les malades. Celui-ci vous offre avec les bons voeux de rétablissement de Colgate un petit sachet contenant un dentifrice par exemple. N’est-ce pas merveilleux, en développant ces partenariats avec les entreprises, les hopitaux français pourraient engranger quelques revenus fort sympathiques! Et le patient de récupérer, pour rentrer chez lui, qui une nouvelle serpillère, qui un shampoing anti pellicule etc, etc …

Zut, c’est la crise. Les entreprises ont réduit leurs budgets pub. On pouvait en rêver, pourtant.

Auteur :Helene Lecuyer

Blogueuse schizophrène qui partage son temps entre l'Asie dans tous ses points cardinaux et les côtes françaises de la Manche, j'habite depuis 7 ans un appartement à Bombay avec 4 hommes dedans, beaucoup de corneilles sur le balcon - parfois un milan majestueux - et des trains en contrebas. Reine du CV "non linéaire", après Sciences-Po Paris, j'ai semé les expériences professionnelles et les enfants à Singapour, en Corée et maintenant en Inde. A Bombay, je blogue, je m'investis dans la vie associative, je "pige" (pour TerraFemina, InaGlobal, ElephantJournal ...) J'aime Bombay la tragi-comique, dans sa grandeur et sa laideur, attachante et révoltante, toujours étonnante et intrigante. Ce blog, c'est pour partager avec toi, lecteur que j'espère fidèle ou du moins régulier, "mon" Bombay, parce que les émotions qui naissent ici sont trop démesurées pour rester contenues à l'intérieur d'un seul corps.

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