ShahRuk, ShahRuk!

Il me faut bien avouer mon échec: en dépit de ma proximité géographique avec ShahRuk Khan venu lundi se faire opérer l’épaule au Breach Candy Hospital (batisse blanc sale face à la mer, encerclée de corneilles et milans, où l’ange bouclé, un fort douloureux 22 février, apparut au gynécologue installé entre mes jambes), je n’ai aucune vision bollywoodesque à relater. Rien, pas une nuque entr’aperçue entre deux képis de policiers. Pas une main levée, en salut ou protection, on ne sait pas trop. Pas même le chapeau de la roue arrière-gauche de sa voiture. Ni même, au travers de la fenêtre de sa chambre, son regard perdu sur la mer d’Arabie (il aurait fallu pour celà que je pique les jumelles du vigile qui ne vient plus sur le toit du Breach Candy Club, ou que je soudoie un pécheur, mais j’ai manqué de présence d’esprit)

 Bref, je n’ai rien à vous raconter, si ce n’est des bouchons dans le quartier encore plus interminables qu’à l’habitude, alors que cet événement extraordinaire se déroulait à 500 mètres de la maison. Qu’à celà ne tienne, bien décidée à satisfaire mes amis et lecteurs, parfois les deux, j’ai pu trouver sur youtube LA vidéo de son arrivée à l’hôpital. Palpitante. Mémorable. Bruyante.

 

Image de prévisualisation YouTube

 

J’aime bien ShahRuk Khan. D’abord, il est sympathique. Le jour où l’Etat Français lui remit une médaille mystérieuse (un truc en rapport avec la contribution du King aux arts et aux lettres … françaises ???), SRK confia benoîtement qu’il ne comprennait pas trop pourquoi il était décoré, même s’il en était ravi. Sa filmographie est très abondante, et dans Veer Zara, épique histoire d’amour entre un indien et une pakistanaise (plus impossible encore que celle de Romeo et Juliette), il me fit même pleurer. Mais le pauvre, outre sa santé, a des soucis en ce moment avec son dernier film, Billu the barber. Non seulement les critiques ne sont pas extraordinaires mais il s’est mis à dos le syndicat des coiffeurs indiens. Ceux-ci se sont déclarés offensés par le terme « barbier ». Apparemment, pour leur profession, c’est dégradant. Ils auraient aimé un « Billu the hair stylist ». Dans cette grande démocratie qu’est l’Inde, il n’est pas rare de voir un groupe de citoyens se mobiliser face à la création artistique, et la voix de la foule (ou plutôt les pierres lancés sur les Multiplex) a fait plier bien des artistes. C’est pour cette raison qu’on peut voir désormais  à travers toute la ville les affiches de « Billu » agrémentées d’un large carré blanc masquant l’appellation infamante. Après les coiffeurs, ce sont les militants du MNS (encore le fameux Raj Thackeray) qui s’en sont pris au film, dont ils déchirent les affiches. Et puis, encore, un groupe de jeunes a pris d’assaut la villa du King de Bollywood, lançant même quelques cocktails molotov. Motif, une des chansons du film insulterait le prophète.

Bref, pas toujours facile d’être une star à Bollywood… 

Puisqu’on parle cinéma, j’en profite pour annoncer aux Bombayites la sortie le 13 mars de « Little Zizou », par Sooni Taraporewala. Sooni est entre autre la scénariste de Mira Nair (Salaam Bombay), et elle réalise son premier film, centré sur la communauté parsi de Bombay. A voir!

 

Auteur :Helene Lecuyer

Blogueuse schizophrène qui partage son temps entre l'Asie dans tous ses points cardinaux et les côtes françaises de la Manche, j'habite depuis 7 ans un appartement à Bombay avec 4 hommes dedans, beaucoup de corneilles sur le balcon - parfois un milan majestueux - et des trains en contrebas. Reine du CV "non linéaire", après Sciences-Po Paris, j'ai semé les expériences professionnelles et les enfants à Singapour, en Corée et maintenant en Inde. A Bombay, je blogue, je m'investis dans la vie associative, je "pige" (pour TerraFemina, InaGlobal, ElephantJournal ...) J'aime Bombay la tragi-comique, dans sa grandeur et sa laideur, attachante et révoltante, toujours étonnante et intrigante. Ce blog, c'est pour partager avec toi, lecteur que j'espère fidèle ou du moins régulier, "mon" Bombay, parce que les émotions qui naissent ici sont trop démesurées pour rester contenues à l'intérieur d'un seul corps.

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Une réponse à “ShahRuk, ShahRuk!”

  1. catherine
    20 février 2009 à 10:00 #

    Tout ce que je peux dire en voyant cette video c’est: « Oh my God…. » Le culte de la personnalité en Inde…. Tu ne nous a pas donné des nouvelles! ça va mieux au moins son épaule?

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