Ce qu’il y a de satisfaisant, quand on écrit un blog, c’est d’ouvrir son panneau d’administration et de constater qu’on a des visiteurs, en ligne, en direct, ici et maintenant!!!
A peine donc, avais-je écrit mon premier billet après un silence de près de 88 semaines que j’ouvrais ce fameux panneau et réactualisais la page toutes les 3 minutes. Et ça marchait! Le mot s’était-il répandu par les corneilles, dont je suis convaincue qu’elles m’espionnent particulièrement et relaient mes activités de Fort à Borivali, toujours est-il que j’avais des lecteurs. Déjà. Hélas, les adresses IP des-dits lecteurs (sachez qu’elles sont visibles depuis mon panneau d’administration) disparaissaient généralement aussi vite qu’elles apparaissaient. Un petit tour du côté des « référants » m’apprenaient qu’ils étaient en chasse d’information sur les tuyaux en bambou, un sujet fréquemment abordé dans ce blog et sur lequel je fais preuve d’une grande expertise. D’autres googlaient « Hélène Lecuyer, cuisine ». Ce qui, mes 3 idiots fils vous le confirmeront, ne pouvait concerner qu’une homonyme. De manière assez étonnante, la majorité des visiteurs recherchaient une photo d’Helene Lecuyer (sans les accents). Et là, j’ai découvert que lorsqu’on tapait mon nom dans un moteur de recherche d’images, on trouvait une brune à quat’zieux, une rousse avec plein de dents, Mayamati, un chien à mémé, mais assez rapidement, mon mari, mon fils et mes amis facebook. Je sais, ça n’a rien à voir avec le sujet de ce blog, mais j’ai pensé que tout le monde devrait le savoir. C’est le syndrome de Gilles de la Tourette appliqué au net, on perd la maitrise de ce qu’on expose.
Le propos du billet du jour, cependant, était de vous résumer l’action des derniers mois.
Un matin d’avril 2010, dans une ville de bord de mer au climat tonique en toutes saisons, je prenais un petit déjeuner composé de céréales Special K aux copeaux de chocolat au lait (mes préférés, hélas introuvables à Bombay) lorsque la sonnerie du téléphone se fit entendre. Je ne sais pas chez vous, mais chez nous, c’est à qui ne répondra pas. Façon la bête, la brute et le truand, dès la première sonnerie, les corps se figent, les regards s’échangent sans ciller et bien souvent, le téléphone s’est tu avant que le moindre mouvement n’ait été amorcé. Ma belle-mère se plaint d’ailleurs d’avoir du mal à nous joindre. Ce jour-là, pourtant, je bondis sur le téléphone car j’attendais des nouvelles de l’Homme: « On me propose un poste en Inde. La famille sera basée à Bombay. » La famille, dont je représente la tête organisatrice, se réjouit immédiatement de n’avoir jamais déballé le container rapatrié d’Inde en juillet 2009.
En juillet 2010, notre container reprit donc le bateau en sens inverse. On dit que ces croisières Bombay – Le Havre – Bombay sont fort vivifiantes, à tel point que l’on faillit ajouter un Bombay – Le Havre supplémentaire pour faire bonne mesure. Une case mal cochée, et les douaniers indiens refusèrent de dédouaner nos effets, qui patientèrent 6 semaines sur les quais du port en attendant la résolution de l’affaire. Et là, en accéléré, nous renouâmes avec l’Inde: les tracasseries administratives inextricables, la tentation de la corruption (aimablement proposée par mon chauffeur dont le beau-père du fils de l’oncle de la cousine au 7ème degré travaillait aux douanes), pour finir, l’intervention divine d’un goanais ma foi fort sympathique et très bien connecté, président d’un syndicat d’agents en douane de son état, qui me reçut dans un bureau de 5 mètres carrés équipé d’une climatisation pour cathédrale. Un coup de fil et une angine plus tard, je repartais avec l’assurance que mon container serait dédouané dès le lendemain. « In India, you have to know the right people », me rappela l’ami qui me l’avait présenté.
Quelques jours après mon arrivée, je me rendais en voiture à Breach Candy, notre ancien quartier. Au feu rouge, les petites vendeuses de roses et autres colliers de frangipaniers se précipitèrent, s’agglutinèrent contre le carreau en riant aux éclats: « Didi, didi, you’ve come back. Did you go to the village? » »Yes, I went to my village. » Et voilà, un an d’absence expliqué en une phrase, accepté, et Bombay, déjà, m’embrassait.
De joie, je leur achetais toutes leurs fleurs.
Je rappelle à mes amis lecteurs, surtout ceux qui ont le joie aujourd’hui d’être en congé pour Id-e-Milad-un-Nabi, qu’ils peuvent cliquer sur les mots en gras.









Je me réjouis de te lire, encore et toujours, je vois que tu n’as pas perdu ton sens de l’humour, tous les dieux de l’Inde en soient loués.
Merci
Je pense qu’en Inde, soit on a le sens de l’humour, soit on s’enfuit!
Je me suis bien marré à voir les résultats de ton identité sur Google et yahoo. Par contre ici , l’anonymat est sauf
C’est vrai qu’en Inde « you have to know the right people »
Eh oui, le retour de « Didi…à Bollywood », ca sonne bien pour le Tome II d’un bouquin çà, non ?
Ha ha c’est rigolo de constater qu’on te retrouve une fois repartie !
Quel bonheur de vous relire à nouveau! Je suis prête à suivre vos nouvelles aventures épicées et pleines d’humour en Inde.
@ Dalou: je ne savais pas qu’on pouvait mettre des liens dans les commentaires! Il y a quand même un jain de chez moi, je ne sais pas ce qu’il fiche là.
@ Bonnie: en France, j’ai d’abord voulu vivre sans télé, sans internet et sans ligne fixe (voir plus haut!), une idée comme ça, j’ai tenu jusqu’à mi-novembre, là je ne savais plus quoi faire des enfants!!!! D’où ma grande disparition.
@ Merci Madame M, j’aime bien avoir des lectrices blogmodeuses, ça me donne un petit côté branché
Bonjour Hélène, suis si heureuse de te relire ! Quel bonheur de pouvoir t’ajouter à nouveau dans mes signets ! Merci de ce partage.