24 heures de leur vie (8)

sonya.jpgJ’ai rencontré Sonya dans les premiers mois de mon arrivée en Inde, en 2005.

Nous passions nos premières vacances à Goa (elles furent suivies de beaucoup d’autres!) et j’avais inscrit mes enfants à une activité de rappelling. Alors que je regardais la tête de mon fils aîné, coiffée d’un casque jaune trop grand, disparaitre derrière la falaise surplombant la mer, je me demandais si j’avais toute ma raison. Sûrement ma belle-mère, si elle avait été présente, m’aurait reproché de faire courir des risques inconsidérés à ses petits-enfants. Vaguement inquiète, je m’étais tournée vers l’indienne qui se tenait juste sur ma droite, et qui avait également confié son fils aux bons soins des animateurs. « Je me demande comment ils vont remonter », lui avais-je dit. « They don’t. They stay down and start a community ». Je l’avais regardée, interloquée, nous avions ri et ça a été le début de notre amitié.

Sonya m’a immédiatement fascinée. Jain Gujarati, elle a épousé un musulman. Un mariage d’amour donc, car les mariages inter-communautés sont rares, et désapprouvés. Ses parents ont participé à la lutte pour l’indépendance et l’ont élevée dans les valeurs gandhiennes: fierté d’être indienne, frugalité, sens de la solidarité, sensibilité au monde rural, non-violence. Lors de nos déjeuners, souvent elle raconte et je l’écoute, et sa spiritualité, si éloignée de mon agnosticisme profondément ancré, m’ouvre de nouvelles perspectives. Nous sommes tous énergie, m’explique-t-elle. Et le temps d’un risotto suivi d’un soufflé (nous avons nos habitudes dans un restau méditerranéen), je suis séduite par sa vision de la vie.

Un jour, elle m’a invitée à un défilé de mode, où elle présentait les vêtements qu’elle créait avec des tisseuses traditionnelles du bengal. J’ai trouvé que son travail lui ressemblait beaucoup, et cela m’a donné envie qu’elle me raconte son parcours de manière plus formalisée.

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Auteur :Helene Lecuyer

Blogueuse schizophrène qui partage son temps entre l'Asie dans tous ses points cardinaux et les côtes françaises de la Manche, j'habite depuis 7 ans un appartement à Bombay avec 4 hommes dedans, beaucoup de corneilles sur le balcon - parfois un milan majestueux - et des trains en contrebas. Reine du CV "non linéaire", après Sciences-Po Paris, j'ai semé les expériences professionnelles et les enfants à Singapour, en Corée et maintenant en Inde. A Bombay, je blogue, je m'investis dans la vie associative, je "pige" (pour TerraFemina, InaGlobal, ElephantJournal ...) J'aime Bombay la tragi-comique, dans sa grandeur et sa laideur, attachante et révoltante, toujours étonnante et intrigante. Ce blog, c'est pour partager avec toi, lecteur que j'espère fidèle ou du moins régulier, "mon" Bombay, parce que les émotions qui naissent ici sont trop démesurées pour rester contenues à l'intérieur d'un seul corps.

4 Réponses à “24 heures de leur vie (8)”

  1. M1
    25 octobre 2011 à 16:42 #

    Mais c’est superbe ce qu’elle fait, ça m’a l’air aussi sobre que bien pensé !
    Elle a un site?
    (les photos sont pas mal aussi!)

  2. 4 novembre 2011 à 15:18 #

    @M1: oui les photos et la mannequin sont très belles. Je me souviens qu’elle ne voulait pas de site car elle disait qu’on était immédiatement copié!

  3. Marie
    11 novembre 2011 à 20:00 #

    très sympa, ce portrait, avec de superbes photos.

  4. 11 novembre 2011 à 20:45 #

    @Marie: c’est vrai mais je n’y suis pour rien!

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