Angélique, 43 ans, écrivain

angeliquevilleneuve11024x6851.jpgJe m’appelle Angélique Villeneuve, j’ai 43 ans, je suis écrivain et j’habite à Bombay, Inde. 

Je me lève tous les jours à 6h45, pour les enfants. Extinction de la clim. Puis petit déjeuner en famille. Nous habitons une maison dans Bombay Sud coincée entre d’immenses tours. Nous sortons inspecter le jardin. C’est la moisson. Les habitants des tours ont généralement balancé pendant la nuit paquets de chips, kleenex. Parfois, le papayer est recouvert d’emballages de vache qui rit. On dirait une installation d’art contemporain ! J’emmène les enfants à l’école. A 8h15, je me rends au club, une grande piscine extérieure dans un jardin en bord de mer. J’adore ce moment. Le silence, la lumière qui change à chaque instant. J’y vais pour lire, corriger les épreuves de mon manuscrit. C’est hyper ritualisé. Tous les jours, je vois les même trois vieux indiens qui font leurs 40 pas autour de la piscine. On se fait signe. J’observe les corneilles… Puis je retourne chez moi, à pied, pour me trouver face à l’éternelle question : « qu’est-ce qu’on mange ce soir ? ». Pendant des années, c’était les enfants qui me la posaient, maintenant c’est ma cuisinière ! C’est un peu bizarre. J’adore cuisiner. Quand j’ai pris une cuisinière ici, je pensais qu’elle allait m’apprendre la cuisine indienne. En fait, pas tellement.  J’ai l’impression qu’elle m’a dépossédée de ma cuisine ! 

Vers 10h, je pars au Cercle littéraire de Bombay pour y travailler. J’écris, mais aussi je dirige une collection d’ouvrages de cuisine, collection foood aux éditions Tana.  Je reste là-bas jusqu’à ce que je vide la batterie de mon ordinateur portable. Je déjeune,  seule, au Samovar, un restaurant voisin. Je visite quelques galeries. Parfois je fais un peu de shopping. J’adore les fringues ! A 16h, je vais chercher Albertine, 13 ans, et Octave, 15 ans à l’école. (L’aînée, Marguerite, est en pension en France). A Paris, je n’aurais jamais fait ça ! Ils m’auraient accueilli à coups de jets de pierres ! C’est aussi un petit moment social pour moi. Je discute avec les autres mamans. Nous rentrons à la maison. Ils font leurs devoirs, je supervise plus ou moins et plutôt moins que plus. Je lis. En ce moment, je lis : « Un oiseau blanc dans le blizzard » de Laura Kasischke.  A 17h, le personnel s’en va.  Je vais vérifier que la femme de ménage a bien déposé du sel sur mon oreiller. Il y a un mois, je me suis rendue compte qu’elle déposait du sel dans mon lit tous les jours, sauf le mercredi. Elle en met aussi sur le lit des enfants. Les deux premiers soirs, ça m’a bouleversée. J’ai cherché sur Internet si ça ne pouvait pas être une pratique néfaste. Maintenant, ça me fait marrer. Tous les jours, je repousse le moment de lui demander : « Pourquoi mettez-vous du sel dans nos lits ? » Ca fait marcher mon imagination. Parfois, un roman peut partir d’un détail comme ça. 

Vers 20 heures, Antoine rentre et nous dînons. On ne sort pas beaucoup. Pas assez à mon goût. Généralement en milieu de repas, Albertine se lève de table et court s’enfermer à clé dans sa chambre ! La soirée est passée à discuter, à lire. On a toujours des projets. On a une maison à l’île d’Yeu et une autre à Paris. On prévoit des aménagements, des extensions. On fait des plans sur la comète. Je m’endors tôt. Quand Antoine n’est pas là, parfois à 21h10 j’éteins la lumière. Sinon, vers 11h

 

Je ne fais pas de sport. A Paris je faisais du yoga, mais en Inde j’ai arrêté. J’ai eu l’impression que je devais utiliser ce temps là à faire autre chose. On n’a déjà pas assez de temps pour tout faire. Mais je marche. J’adore marcher. Et quand je marche, j’observe les arbres. Les arbres à Bombay sont magnifiques. Les banyans sont extraordinaires, certains poussent plaqués contre les murs. J’observe les mauvaises herbes. Je n’aime pas ne pas connaître leur nom ! C’est important pour moi de connaître le nom des plantes, alors j’ai acheté un livre ! En revanche, je fais très attention à ce que je mange. Et naturellement, j’aime les salades, les fruits. J’adore les produits de beauté aussi. J’essaie de trouver des produits indiens qui ne me fassent pas trop peur. La dernière fois, j’ai acheté un shampoing avec un emballage très joli. Le liquide était noir. J’ai eu l’impression qu’il m’arrachait le cuir chevelu. Depuis je m’en sers pour me laver les pieds. Un conseil beauté ? Ca me fait marrer, les conseils beauté.  Je me demande qui va avaler un verre d’eau chaude tous les matins parce que c’est bon pour la peau ? Mais je pense que c’est important de faire attention à soi. Bien s’habiller, se maquiller tous les jours. Être soignée. Je vais un peu sur internet, surtout pour lire les blogs, et écrire le mien. (http://jeromew.typepad.com/grand_paradi/) J’aime beaucoup le blog de Sophie Fontanel, et aussi un autre qui s’appelle « Bon pour ton poil ». 

Angélique Villeneuve est l’auteur de «Grand Paradis» aux éditions Phébus, « Age mental », aux éditions Denoël, et de « Ne plus y penser », aux éditions du Panama. Elle a aussi co-écrit deux ouvrages de cuisine aux éditions Tana, « Petits bouquets de cuisine » et « Petits dîners pour les bluffer ». Elle écrit également des romans pour adolescents.

 

cyrilleauquebec |
Chemin Rêvant |
It'll all get better in time |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Voyage aux Etats Unis
| Un an au Japon: Une Science...
| Ma vie dans 30 kg